Jeudi 27 juin 2019: arrivée à Nice… il est 14h, c’est le choc thermique, il fait chaud…

Direction retrait des dossards sous la tente… on ne sait pas respirer… les bénévoles sont en nage, chapeau les gars pour votre patience… Petit tour à l’expo, vite un t-shirt avec les prénoms pour la collection.. il fait trop chaud pour regarder quoi que ce soit d’autre…

Vendredi 28 juin 2019: RV avec l’équipe de compressport pour tester l’eau… je rentre dans la mer comme dans mon bain… trop bien! Petite nage de 250m vers le large et puis retour… elle est nickel et même pas froide! Quelques échanges avec notre champion national Fred Van Lierde… puis il est grand temps de tester son vélo, histoire de vérifier que le voyage n’a pas modifié tous les réglages .

Oufti, il fait chaud!!! Vitesse du vent 0… il suffit de regarder à l’horizon pour constater que Nice est plongé dans un nuage de pollution… déformation professionnelle: la panique arrive…

Après 7 minutes exactement, je rentre à l’hôtel, discute avec le réceptionniste qui m’encourage pour dimanche: on n’a jamais connu ça ici: aussi chaud et aussi irrespirable… une canicule pareille, je vous plains… toutes les autres courses de la région ont été annulées, il ne comprend pas pourquoi on n’annule pas l’ironman… Merci cher monsieur, me v’là rassurée..

Et là, le doute s’installe entre le fait de prendre le départ, de ne pas le prendre, tout est confus dans ma tête..; (et la famille et les amis qui sont là pour me supporter… et qui devront subir aussi cette météo…)

Vendredi 28 juin 2019, Pasta party: la team Ironman confirme que toutes les autres courses de la région ont été annulées en raison des conditions météo et de pollution exceptionnelles, que l’ironkids et l’irongirl seront annulés… En ce qui concerne l’ironman, ils ont reçu un ultimatum des autorités municipales, annulation ou réduction des distances… ! On sent une grosse déception dans ce magnifique parc Phœnix… et moi je suis soulagée… le triathlon c’est bien, mais la vie c’est mieux…

Samedi 29 juin 18H45, je dépose mon vélo et mes sacs de transition au parc à vélo, presque à l’heure de la fermeture (histoire que mon repas du lendemain surchauffe le moins possible).

Dimanche 30 juin 2019 5h15: j’arrive sur le site du départ.. ça sent déjà très fort les crèmes chauffantes.

Je dépose mon ravito perso qui consiste juste en un peu de poudre isotonique.. (j’avais prévu initialement un sandwich au fromage... mais on m’a vivement déconseillé au point info ironman de laisser quoi que ce soit de mangeable au vu des températures attendues au dessus de l’Ecre). Fred Van Lierde dépose en même temps que moi 3 gourdes... visiblement pas de sandwich pour lui non plus...

Et il est déjà plus que temps de quitter mes supporters pour accéder au parc à vélo afin de gonfler les pneus... sommes barricadés, contrôlés... résultat des attentats de Nice...

Puis mettre sa combi (soulagement, elle est autorisée pour les groupes d’âge) et se diriger vers le départ... le stress est palpable... il y a déjà beaucoup d’ambiance... un départ ironman reste impressionnant et très émouvant...

Je me range dans mon sas... et je cherche du regard une présence féminine reconnaissable grâce au bonnet blanc... nous ne sommes vraiment pas nombreuses sur cette ligne de départ...

Dimanche 30 juin 2019 6h30: top départ des groupes d’âge en Rolling Start… euh un Rolling Start sauvage. Début des festivités pour moi: ma hantise: nager 1 km vers le large… situation qui m’a bien value des cauchemars… après une natation disputée, des coups, 3x mes lunettes arrachées… j’arrive à cette fameuse bouée avant de tourner sur ma droite… c’est fait! 1 km vers le large… mon Ironman est fait, peu importe ce qui arrivera après, j’ai gagné! Les 2800 m restants se passent comme les 1000 premiers avec cette petite satisfaction en plus d’avoir déjà accompli un premier objectif…

Sortie de l’eau, passage sous la douche pour enlever le sel comme Denis me l’a conseillé, petit coucou aux supporters présents et puis direction la zone de transition pour débuter la partie vélo. Ce parcours est magnifique, je le sais, je vais me régaler... Je sais qu’il est relativement exigeant mais tellement beau... et puis il paraît que la population nous encourage dans les petits villages... ça va être top! C’est pour ça que je fais du triathlon, pour voir du pays... (et pas pour regarder mon GPS ou ma montre Garmin hors de prix)

Ce parcours a été modifié en raison des conditions déjà citées… la montée de la Condamine (et le faux plat qui la suit) tellement redoutée et étudiée minutieusement au centimètre près a été supprimée et remplacée finalement par une portion moins montante (tout est relatif) mais beaucoup plus longue (va comprendre… ), mais on y gagne au change tellement c’est beau. Il fait déjà très chaud et je me rends compte que boire toutes les 10’ ne sera pas suffisant… Je décide alors de boire toutes les 5’... de l’eau chaude... j’ai oublié les sachets de thé!

La grosse difficulté du jour pointe son nez… la montée du col de l’Ecre… arrêt à un ravito juste avant. Un bénévole m’arrose de 3 bouteilles d’eau (c’est le concours de miss t-shirt mouillé??? ) et remplit mes gourdes: « ma petite chérie, tu connais la région? Ce qui va suivre va être très difficile, tu y vas lentement… la première partie au début, ça devrait aller… mais après ça va être dur, très dur, accroche toi.. »

Et me v’la engagée dans ce col, c’est parti pour 20 km d’ascension… les 5 premiers sont difficiles comme attendus puis le plein cagnard arrive… je suis en forme, je vais lentement (nettement plus lentement que lors du repérage réalisé début juin) mais je dépasse… des hommes, des zombies… c’est un autre monde ici… les aspirants ironman arrêtés sur le coté, couchés pour avoir de l’ombre sous une mauvaise herbe… la bérézina… une crise d’asthme à ma gauche… coup de bol la moto avec le toubib arrive sinon je me serais arrêtée pour l’aider… des abandons à droite et à gauche…bref, cette montée sous plus de 45 degrés, sans un pet d’air, dans un décor aride, restera probablement l’image incroyable, presque irréelle, que je garderai de cette longue journée.

C’est là que je me dis que j’aurais dû partir dans un sas plus rapide et nager plus vite (note pour plus tard: progrès en natation à faire, il fait plus frais quand tu passes à vélo plus tôt).

(Autre note pour plus tard… le choix des barres… les powerbar et les nougats aptonia se liquéfient avec la chaleur, à éviter…)

Une fois ce col franchi, les difficultés et la chaleur ne s’amélioreront pas mais psychologiquement je sais que le pire est derrière moi… même s’il reste plus de la moitié. Je traverse bien de magnifiques villages, le paysage est splendide mais pas un chat à l’horizon, hormis dans les 2 fans zone organisées par Ironman... la population a été priée de ne pas sortir de chez elle vu la canicule... dommage pour nous... un petit coup de tuyau d’arrosage aurait été le bienvenu!

156 km plus tard et plus de 2000m de dénivelé positif, j’arrive dans le parc à vélo: direction les toilettes pour vérifier mon état d’hydratation… pas fameux…

J’attrape mon sac de transition, mets mes baskets, prends mes lunettes de soleil, ma visière et mes gels bouillants...  je sais déjà qu’aucun ne sera avalé… j’en jette d’ailleurs 2 directement dans la poubelle..

Il me reste 3 boucles à faire sur cette promenade des anglais ou le bitume me brule la plante des pieds à travers les semelles des chaussures…

Voici la situation: aucune alimentation en vue, de l’eau chaude aux ravitos, douches exclues (j’ai trop peur des ampoules)… c’est mal barré mais il faut aller chercher cette médaille… le mental, ma seule force à ce moment là…

Donc j’avance de ravito en ravito… me rappelle des conseils d’un coach: plus il fait chaud, plus tu restes en aisance respiratoire, c’est ta garantie pour terminer… donc, non munie d’un cardio fréquencemètre, je teste mon tempo en parlant avec des gens… c’est comme ça qu’on se fait des potes, Isabelle (la belge) et Yassine (le français)… J’en profite d’ailleurs pour lancer un appel... Isabelle connait un Alex au Titan... te reconnais-tu???

Ma progression est régulière je le sens, je m’arrose à chaque ravito avec les gobelets d’eau…

Et puis là… je dépasse un grand gaillard, c’est  Camille Lacourt (euh oui, le champion de natation..) il a l’air très épuisé, le pauvre… je l’encourage, il sourit mais mes mots ne semblent avoir aucun impact sur sa forme... (et pourtant j’y ai mis toute mon énergie...)

Dernier tour et je n’ai toujours pas abandonné, je continue à courir entre chaque ravito.

Et puis ça y est... j’entends le speaker... l’ambiance, les « machin, you are an ironman!!! »

Et j’arrive enfin, passe sur le fameux tapis rouge de la finish line devant les applaudissements de mes courageux supporters…et on y est, il le dit: « Sonia, you are an Ironman! »… un moment toujours aussi intense… je pense qu’on ne s’en lasse jamais…

C’est probablement pour ça qu’on s’inscrit... pour passer cette ligne d’arrivée et entendre ces quelques mots...

C’était une très belle course, difficile vu les conditions… la satisfaction est belle et bien présente!

Comme disait un sportif que j’admire: « Gagner, ce n’est pas terminer à la première place. Ce n’est pas battre les autres. C’est le dépassement de soi-même. Surmonter son corps, ses limites et ses craintes. Gagner veut dire se dépasser et transformer ses rêves en réalité. » CQFD!

 

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